Contexte du projet:

Le secteur du bâtiment est un grand consommateur d’énergie et de matériaux. En Suisse, ce secteur est responsable de plus de la moitié des émissions de CO2 et représente 45% de la consommation totale d’énergie finale. En France, le secteur du bâtiment produit 21 % des émissions de CO2 et consomme 43 % de l’énergie finale.

Avec les législations actuelles, le choix des matériaux de construction est aujourd’hui basé exclusivement sur des considérations économiques et sur leurs propriétés physiques. L’impact sur l’homme et l’environnement de ces matériaux est quasi systématiquement non pris en compte.
Pourtant les enjeux liés aux choix des matériaux sont multiples et plusieurs aspects mériteraient à être pris en considération (Santé humaine, Précarité énergétique et changement climatique, Economie des ressources minérales, Essor et soutenabilité des filières locales…)

Les éco-matériaux sont une classe de matériaux de construction qui pourrait permettre de diminuer les impacts liés à la phase de construction et de fin de vie du bâtiment.
Le terme « éco-matériaux » n’a par ailleurs pas encore de définition légale ni en Suisse ni en France. On peut proposer la définition suivante : un éco-matériau est un produit destiné à la construction respectant l’ensemble des principes du développement durable et possédant des propriétés similaires aux matériaux de construction conventionnels.
En plus de ses propriétés physiques, la qualité d’un éco-matériau se mesure donc selon les trois axes suivants :

  • L’axe écologique : les éco-matériaux doivent générer des impacts environnementaux les plus faibles possible tout au long de leur cycle de vie.
  • L’axe économique : les éco-matériaux doivent présenter des coûts de la production au recyclage, les plus bas possible tout en mobilisant la filière locale.
  • L’axe social : les éco-matériaux doivent être accessible à tous en terme économique et d’informations

On voit bien à travers cette définition la dimension multicritère du concept d’éco-matériau. En d’autres termes, la qualité d’un éco-matériaux ne s’apprécie qu’en le comparant à un autre matériau et ce dans un contexte donné. Les méthodes et bases de données d’Analyse du Cycle de Vie sont particulièrement bien adaptées pour effectuer cette tâche sur l’aspect environnemental.
Pourtant les éco-matériaux n’occupent aujourd’hui qu’une part négligeable des ventes des matériaux de construction (environ 2% pour la France et 5% pour la Suisse5). Les raisons sont multiples :

  • filière encore peu mature et éclatée en de nombreux acteurs de faibles tailles,
  • produits non-standardisés,
  • peu d’informations spécifiques sont disponibles (propriétés physiques, évolution des performances avec le temps, mise en œuvre).

Toutefois, il existe de nombreuses initiatives portées par différentes régions en France visant à diffuser des informations générales sur les éco-matériaux (EnviroBOÎTE, Base Ophélie, AGROBIOBASE…)
Ces nombreuses initiatives montrent qu’il y a un engouement très fort par rapport à cette thématique. Par contre, l’un des points à améliorer, concerne le développement d’informations fiables et indépendantes sur l’impact environnemental des éco-matériaux.

C’est pour répondre à ces besoins que la Plateforme ECCO a été pensée : informer les utilisateurs et les professionnels du bâtiment et enrichir en éco-matériaux les bases de données de matériaux de construction.

Développée dans le cadre du programme Interreg IV A France-Suisse, la Plateforme ECCO vise donc à promouvoir, entre la région française Rhône-Alpes et le Suisse romande, les filières locales de production et de distribution d’éco-matériaux. Le projet bénéficie du financement du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) de l’Union Européenne pour sa partie française et des crédits fédéraux et/ou cantonaux de la confédération suisse pour sa partie helvétique.

ue.jpg